Six des sept Merveilles retenues aujourd'hui appartiennent à une première liste arbitraire généralement attribuée à Philon de Byzance (IIème siècle av. JC), l'auteur du fameux "Péri tôn hépta théamatôn" (A propos des Sept Merveilles du Monde). Il s'agit d'un manuscrit de six feuillets où l'auteur décrit six constructions (la septième, le Mausolée d'Halicarnasse, étant évoquée dans l'introduction car la dernière page a disparu).
En réalité, des recherches scientifiques ont prouvé qu'il s'agirait plutôt de l'oeuvre d'un compilateur tardif, la liste de Philon étant alors à classer parmi les dernières de l'Antiquité. En effet, d'autres auteurs l'ont précédé. Le plus ancien est probablement Hérodote (485 à 425 av. JC) qui fut le premier à décrire les pyramides d'Egypte.
Par la suite, l'historien grec Diodore de Sicile, contemporain de Jules César, évoqua notamment dans ses écrits les Jardins Suspendus de Babylone ; l'architecte romain Vitruve mentionna pour sa part le Mausolée d'Halicarnasse et l'Artémision d'Ephèse ; le naturaliste Pline l'Ancien cita le Phare d'Alexandrie. Enfin, c'est Pausanias qui compléta la liste en mentionnant la statue de Zeus à Olympie.
Au total, entre le IIème siècle av. JC et le XIVème siècle ap. JC, quatorze listes différentes ont été répertoriées. Mais la liste actuelle, appelée liste canonique, serait une compilation des listes de l'Antiquité, et aurait été définitivement établie après le règne d'Alexandre le Grand, l'idée d'un classement de ces chefs-d'oeuvre étant née dans son entourage scientifique.
Ont été retenus les monuments les plus anciens, ceux encore visibles à l'époque, et ceux qui revenaient le plus souvent dans les textes car les plus exceptionnels.
Voici la liste canonique des Sept Merveilles du Monde encore en vigueur aujourd'hui, dans l'ordre chronologique de leur édification :
la Pyramide de Khéops
les Jardins Suspendus de Babylone
l'Artémision d'Ephèse
la Statue chryséléphantine de Zeus à Olympie
le Mausolée d'Halicarnasse
le Colosse de Rhodes
le Phare d'Alexandrie
Connaître l'origine des constructions
Le tombeau du roi Khéops
Construite vers 2700 av. JC, la pyramide de Khéops est la seule Merveille que l'on peut encore admirer aujourd'hui à Giseh, près du Caire, en Egypte. C'est le roi Khéops qui la fit élever pour abriter le tombeau qui porte son nom.
Le mythe de Sémiramis
La légende lie intimement les Jardins Suspendus de Babylone à la mythique reine Sémiramis, qui, abandonnée à sa naissance puis élevée par le chef des troupeaux royaux, épousera le roi Ninas avant d'accéder au trône. De la Perse à l'Inde, elle aurait laissé des constructions magnifiques, notamment à Babylone, dont elle fit sa capitale. Mais des textes plus tardifs attribuent l'aménagement des Jardins à Nabuchodonosor qui les aurait édifiés pour rappeler à son épouse la végétation des montagnes de son pays d'origine.
Le culte de Diane
Daté du IVème siècle av. JC, le temple d'Artémis à Ephèse (Selcuk, en Turquie), était dédié au culte de Diane la chasseresse, Artémis en Grec. Il fut construit sur les ruines d'un temple du VIIIème siècle av. JC qui fut détruit par le feu.
Pour Zeus, dieu des dieux
La statue de Zeus fut placée à l'intérieur de son temple, à Olympie, en Elide, à la gloire du dieu des dieux. La statue et le sanctuaire, où se réunissaient tous les quatre ans les athlètes grecs, doivent leur attirance tant au génie de son créateur Phidias, qu'à l'adoration de Zeus. Emportée à Constantinople, elle fut détruite par un incendie en 475 ap. JC.
Connaître l'origine des constructions
La tombe du roi Mausole
C'est le roi Mausole, mort en 353 av. JC, qui donna son nom au célèbre Mausolée d'Halicarnasse (à Bodrum, Turquie). En 1522, les Chevaliers de Saint-Jean de Malte se servirent des pierres du Mausolée pour renforcer leur château fort. Depuis ce jour, il ne reste plus rien du fabuleux tombeau mais il subsiste la forteresse...
A la gloire d'Hélios
Le Colosse de Rhodes fut construit en 290 av. JC par Charès de Lindos, qui se suicida suite aux erreurs de calculs qu'il découvrit. Victime d'un tremblement de terre, le Colosse de Rhodes ne vécut que 56 ou 66 ans. La légende raconte, à tort, que les bateaux de la mer Egée passaient entre les jambes du Colosse. En revanche, bien que les reconstitutions soient floues, sa couronne radiée indique qu'il s'agirait de la représentation du dieu Hélios, symbole de la magnificence de cette cité marchande.
Le Phare d'Alexandrie, une construction utilitaire
Le phare d'Alexandrie est la Merveille la plus récente et aussi la plus utile, puisqu'il servait à guider les marins vers le port. Erigé sur un rocher de l'île de Pharos par l'architecte Sostratos vers 280 av. JC, il ne subsiste aujourd'hui que le fort turc de Qait Bey (1477-1479) et des blocs en calcaire et en granite rose d'Assouan.
Désormais, en les décrivant, nous allons comprendre pourquoi ces constructions ont été élues pour faire partie des Sept Merveilles du Monde.
Savoir pourquoi on a retenu ses Merveilles
Une pyramide gigantesque
Ce qui étonne dans cette pyramide de calcaire, c'est sa géométrie parfaite et son gigantisme : au sol, un carré de 230 m de côté, sur lequel repose un volume triangulaire de 137 m de hauteur. Avec son réseau de galeries et ses trois chambres, Khéops est la pyramide la plus complexe. La Chambre du Roi, haute de 5,85 m, longue de 10,50 m et large de 5,24 m, est revêtue de granit, comme la cuve accueillant le sarcophage en bois.
Les Jardins Suspendus, entre sensualité et prouesse technique
Selon Diodore, il s'agissait d'un jardin en terrasses de 24 m de haut, posé sur des plates-formes en pierres taillées soutenues par des colonnes. L'eau était acheminée par des machines hydrauliques. Ces jardins auraient été construits en 600 av. JC.
Les temples multiples de l'Artémision
L'Artémision se composait de plusieurs temples, dont le fameux temple de Crésus. Sur ses 21 colonnes hautes de 19 m et ornées de tambours sculptés de bas-reliefs, reposaient des murs en marbre blanc bleuté. A l'intérieur reposait la magnifique statue d'Artémis. Après l'incendie d'un certain Hérostrate, un déséquilibré qui voulait perpétuer son nom dans l'Histoire, le temple fut reconstruit avec 117 colonnes.
La pureté des matériaux de la statue de Zeus
La statue de Zeus est un vestige de l'art grec. Son corps est fait d'or et d'ivoire, comme la Victoire qu'il tient dans la main droite, recouverte d'une feuille de verre, et comme le trône, réhaussé d'ébène.
Savoir pourquoi on a retenu ses Merveilles
Un Mausolée tout en marbre
D'après Pline l'Ancien (Ier siècle ap. JC), le Mausolée d'Halicarnasse était surmonté de 36 colonnes soutenant un toit de 24 marches. La tombe de marbre blanc mesurait 6,3 m sur 6,8 m. Les murs de la pièce étaient en blocs de tuf vert, probablement recouverts d'un stuc aussi transparent que le verre. Malgré les pillages, on a retrouvé des objets d'une rare préciosité, notamment un ensemble de 17 alabastres en écriture cunéiforme et en hiéroglyphes.
Un Colosse monumental
Le Colosse mesurerait 32 m de haut, soit 14 m de moins que la Statue de la Liberté. On doute encore de ses attributs (un flambeau ou une lance) et de la position précise de son corps, mais on sait qu'il fut coulé en bronze.
Le monument le plus représenté
Que ce soit pour sa hauteur, estimée à 120/130 m, ou pour son architecture à trois étages, le Phare d'Alexandrie fut le monument le plus représenté par les artistes. Son sommet offre une coupole surmontée d'une statue masculine, peut-être Zeus Sôter, le Zeus sauveur des navigateurs, à côté de laquelle brûlait sans doute le bûcher qui guidait les navires la nuit.
Conclusion
Encore aujourd'hui, les Sept Merveilles du Monde conservent une grande part de mystère. En dehors des Jardins de Babylone, dont on ne sait si leur construction fait partie du mythe ou de la réalité, les autres Merveilles ont bien existé. Nous vous invitons à marcher sur leurs traces, dans les pays mentionnés, particulièrement sur celles de la Grande Pyramide, que l'on peut encore visiter.
BIBLIOGRAPHIE
Les Sept Merveilles du Monde - Jean-Pierre Adam/Nicole Blanc - Perrin - Paris - 1989.
Les Sept Merveilles du Monde - Jean-Pierre Adam/Nicole Blanc - les dossiers de l'archéologie - n°202, 1995.
Dictionnaire encyclopédique d'archéologie - L. Cottrell - SEDE - Paris - 1962.
Dictionnaire de l'Archéologie - G. Rachet - R. Laffont - Paris - 1983.
Les textes de Vitruve - Les Dix Livres d'Architecture - traductions de Perrault - Tardieu et Couissin - Choisy et L.Callebat.
Les Pyramides d'Egypte - IES Edwards - le Livre de Poche - Paris - 1967.
Les Jardins Suspendus de Babylone - M. Rutten - revue horticole, n°2 164 et 2 165 - Paris -1949.
La construction, l'attitude et l'emplacement du Colosse de Rhodes - A. Gabriel - in Bulletin de correspondance hellénique - LVI - 1932.




