Les objectifs généraux de la dissertation
La dissertation est une réflexion structurée selon des règles établies. Elle teste la capacité d'un esprit à analyser un sujet et à émettre un point de vue personnel sur un problème donné. S'il faut être habile et souple dans l'expression, il faut également savoir mener une disputatio, c'est-à-dire une bataille d'idées.
Le corps de la dissertation
Elle est constituée par :
Une introduction
L'introduction, à elle seule, permet presque d'évaluer une copie... Il faut donc la soigner, car c'est le premier contact entre le lecteur et vous. Elle se déroule en trois phases que nous vous conseillons de marquer d'un passage à la ligne justifié par un mot de transition.
Phase 1 : elle met en contexte le sujet en partant d'une remarque de portée générale.
Phase 2 : elle amène le problème à traiter et l'inscrit dans le corps du texte (n'hésitez pas à recopier la question posée ou la citation à commenter).
Phase 3 : elle annonce le plan de votre devoir de manière claire, simple et précise. Il faut utiliser les adverbes qui marquent le mouvement de votre pensée. " Tout d'abord ", " ensuite ", " finalement
Les principes de la dissertation
Un développement
C'est le corps du texte, sa charpente. Il est élaboré traditionnellement en trois parties et suit avec exactitude le plan annoncé dans l'introduction. Il progresse en hiérarchisant les idées. Chaque fin de partie doit être couronnée par un bref paragraphe qui à la fois résume ce qui vient d'être dit et justifie la transition vers la partie suivante.
Une conclusion
Elle se déroule en deux phases :
Phase 1 : un résumé de votre réflexion et l'émission d'un jugement.
Phase 2 : un élargissement du sujet.
Au final, distillez avec élégance une idée neuve à laquelle vous aviez songé dès le brouillon pour donner de l'ampleur à votre travail.
Comment analyser un sujet ?
Les efforts d'analyse se concentrent préalablement sur le libellé du sujet avant tout passage à l'écriture.
Prenons un exemple : La télévision sert-elle seulement à distraire ceux qui la regardent ?
Lorsqu'on se trouve en face d'un sujet de réflexion générale, il faut faire attention aux mots – et ils ne sont jamais choisis au hasard – qui le composent. Si vous êtes attentifs, la résolution du problème est en partie inscrite dans les termes du sujet.
Ici, la question posée implique une réponse et un jugement , qu'il faudra nuancer en raison de l'imprécision de certains termes et de l'adverbe "seulement ", qui insinue que la télévision peut servir à autre chose qu'à distraire.
Examinons les termes du sujet. On nous parle de "la télévision ". Certes. Mais de laquelle s'agit-il ? Toutes les chaînes ne diffusant pas les mêmes programmes, ce n'est pas un objet homogène ! Quant aux spectateurs, qui sont-ils, "ceux qui la regardent " ? D'un point de vue sociologique, ce n'est guère précis... En creux, on peut donc comprendre qu'on attendra de vous quelques analyses sur l'identification de la " télévision " et des " téléspectateurs " !
Il faut maintenant observer le mot central de la question, le verbe "distraire ". La télé n'est-elle qu'une machine à distraire ou permet-elle autre chose de plus " sérieux " (pratique de la démocratie directe, enrichissement de la culture générale, ...etc.) ? Il faut donc décortiquer le sujet avant de foncer tête baissée dans l'apologie ou le dénigrement violent de la télévision. Nous fournirons dans la partie suivante un exemple de plan simple pour traiter ce sujet.
Quatre conseils :
Procédez à une analyse stylistique de la formulation du sujet.
Concentrez-vous sur les mots clés.
Expliquez le sujet dès l'introduction ou dans la première partie, quitte à paraître lourd et systématique.
Ne quittez jamais le sujet (ce que permettent les conseils précédents
Quel plan choisir ?
Il existe plusieurs types de plan qu'il faut connaître et surtout savoir adapter à un sujet.
Les types de plans les plus classiques
Le plan dialectique - structure en thèse-antithèse-synthèse
Commentez, en l'appliquant à vos connaissances littéraires, cette affirmation de Louis-Ferdinand Céline : " La littérature, ça n'a rien à voir avec les idées "
Thèse : la littérature, c'est l'art de dire et de raconter les choses, ce n'est pas un catalogue de vérités philosophiques abstraites.
Antithèse : il existe cependant une littérature d'idées qui a sa légitimité propre (songez à Sartre et Camus).
Synthèse (ouverture d'une nouvelle voie pour le sujet) : par la médiation de la fiction, la littérature, qu'elle soit avec ou contre les idées, produit un type de pensée en acte irréductible à de la pure philosophie.
Le plan inventaire
"Quel plaisir tirez-vous de la lecture de la presse écrite ?" Donnez votre point de vue à l'aide d'exemples précis.
C'est le type de plan où l'on est le plus libre... si on a un peu de culture et qu'on lit le journal !
Ici, on ne s'attaque pas à un problème, on développe un point de vue.
Le plan problèmes-causes-solutions
" Les marées noires sont-elles une conséquence inévitable du trafic maritime international ? "
Dans un premier temps, on situe le problème dans l'actualité ; puis on analyse ses causes (vétusteté des navires, etc.) avant de proposer une solution (une réglementation plus sévère à l'échelle européenne, ...etc.).
Le plan expliquer-commenter-critiquer
" Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément ".
Vous analyserez et discuterez cette affirmation de Boileau.
Ici, le sujet est le point de départ d'une réflexion sur les rapports pensée-langage-communication, au-delà de la célèbre et austère maxime de Boileau.
Proposition de plan pour l'exemple de sujet
La télévision sert-elle seulement à distraire ceux qui la regardent ?
Explication : La télé, simple loisir de masse ?
-> Quelle télé pour quel public ? Un problème d'identification de la nébuleuse télévisuelle.
-> La télévision, en pleine expansion (via le satellite, le câble, internet, etc.), est de plus en plus tournée vers le loisir
-> Le service public a du mal à se forger une identité au milieu de chaînes commerciales.
D'où un problème posé : vers une dictature du loisir et de la médiocrité ?
Remarque : dans cette première partie, des explications mais pas de jugement.
Commentaire : vrai ou faux procès de la télé ?
-> En filigrane, faut-il diaboliser la télé ? Et préalablement, à quoi sert-elle ? A distraire...mais aussi à diffuser du savoir et de l'information.
-> L'exemple d'Arte : une chaîne de haut-niveau obtient une faible audience par rapport à des chaînes plus populaires. Vers une victoire du divertissement sur la culture ?
-> Le téléspectateur comme zappeur autonome, libre de ses choix et digne de respect.
Critique : L'½il du téléspectateur
-> La diabolisation de la télé est chose facile. Or son histoire récente montre qu'elle a enrichi la vie culturelle des Français.
-> La multiplication de l'offre en terme de programmes implique aussi une augmentation de leur qualité liée à l'exigence du téléspectateur qui " a le choix ".
-> Nécessité cependant d'éduquer l'½il du télespectateur-consommateur.
Conclusion
La dissertation est avant tout un jeu intellectuel. Avec un peu d'exercice, tout le monde parvient à des résultats stimulants. Alors à vous de jouer maintenant en tenant bien compte de nos conseils !
BIBLIOGRAPHIE
Texte officiel
Les Instructions Officielles concernant les programmes des classes de lycée et le baccalauréat (disponibles dans les CDI des lycées ou les Centres départementaux de documentation pédagogique).
Texte technique
Du plan à la dissertation - Paul Désalmand et Patrick Tort - Edition Hatier.
Dissertation littéraire - H.Merlin - Edition Seuil.
Bonnes copies du bac - collectif - Hatier poche.




